Le marathon olympique 1911

26 février 1911, sur la piste du vélodrome Buffalo à Neuilly-sur-Seine, 3e édition du marathon réservé aux professionnels.

Ce marathon est dit olympique car la distance est conforme au marathon des J.O 1908 à Londres : 42,195 km.

Les deux premières éditions ont été courues en février et décembre 1909.

C’est le Cercle des Sports de France qui organise cette épreuve patronnée par le journal l’Auto.

Le vélodrome Buffalo à Neuilly a été construit en 1893 sur l’emplacement où Buffalo Bill avait installé son chapiteau en 1889 lors de l’exposition universelle, le nom de Buffalo est resté pour ce stade qui a cessé ses activités avec la première guerre mondiale. Les marathoniens couraient sur la piste intérieure en herbe qui mesurait 250 m.

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Le dimanche précédent avaient lieu des épreuves de sélections :

A Saint-Ouen, sur 26 km, les coureurs du Cercle des Sports de France : Dodin, Robert, Heurteaux…le Suisse Clavel, Dargaud de Lyon…étaient opposés aux coureurs interclubs dont le Breton Marcel Cahurel de Dinan, 7e du marathon d’Édimbourg début janvier, … Desiage sera vainqueur en 1 h 29 min 02 s, et les 5 suivants seront également qualifiés.

A Rouen sur 26 km, Eugène Siméon premier en 1 h 41 min sera retenu.

A Bruxelles, Antoine Rivez en réalisant 1 h 25 min sur 25 km battait le favori Schroegen.

A Milan, c’est Eugénio Gugliani qui sera sélectionné, 1 h 11 min 25 s sur 20 km piste. Le comité d’organisation avait retenu d’office d’autres concurrents, au total ils étaient 15 :

Louis Orphée, Antoine Rivez (BEL), Édouard Cibot, Étienne Waltispurger, Hector Labry, René Loupot, Charles Robert, Eugène Siméon, Eugénio Gugliani (ITA), Desiage, Georges Dodin, Heurteaux, Paul Devienne, Jules Biard et Dargaud.

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                                          Eugène Siméon

En ce début 1911, ce marathon olympique est la première grande épreuve de course à pied de l’année, prélude du Cross Country International, de Lyon-Paris, du Tour de Paris et de Paris-Roubaix.

Parmi les engagés, le champion de Belgique Antoine Rivez faisait figure de favori, vainqueur des marathons de Liège et Anvers en 1910, autres candidats à la victoire : l’Italien Eugenio Gugliani en grande forme disait-on ainsi que les Français Cibot et Robert.

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                                                  Antoine Rivez

Si la première édition en février 1909 s’était déroulée sous la neige, ce n’est pas le cas cettte année où les conditions sont assez bonnes, temps ensoleillé et température douce, excepté un vent violent par instants.

Petite galerie d’environ mille spectateurs dans ce stade vélodrome qui pouvait en accueillir huit mille.

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Édouard Cibot (1) Paul Devienne (2) Antoine Rivez (3) Étienne Waltispurger (4) Louis Orphée (5) Eugène Siméon (11) second rang : entre le 4 et le 3, René Loupot, entre le 3 et le 2, Charles Robert

L’Italien Gugliani malade, le départ est donné à 14h35 aux 14 concurrents par Émile Anthoine, secrétaire général du Cercle des Sports de France et futur créateur de Paris-Strasbourg à la marche (à gauche sur la photo).

La piste est courte, 250 m, et les premiers ne tardent pas à ratrapper les derniers. Au 6e km Etienne Waltispurger est en tête suivi dans le même tour de Édouard Cibot, Hector Labry, Antoine Rivez et Louis Orphée, dans l’ordre.

Dans le demi-heure, « Waltis «  a parcouru 8,532 km mais il est gêné par les rafales de vent et à la surprise générale il abandonne 100 m avant le passage des 10 km. Hector Labry prend alors la tête et passe au 10e km en 35 min 01 s 3/5. Le 2e est Édouard Cibot à 1 tour.

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Au 11e km, le Belge Rivez rejoint Cibot suivi de Orphée, mais ce dernier abandonne peu après. Hector Labry couvre dans l’heure 17,010 km, Rivez 16,610 km, Cibot 16,500 km, qui s’arrête pour un problème de lacets.

Au 19e km, Jules Biard et Heurteaux abandonnent. Labry tente de s’adjuger la prime offerte au cas où le record des 20 km serait battu, mais il ne peut mieux faire que 1 h 11 min 03 s 2/5. Le 2e Rivez est à 2 tours, le 3e est Cibot.

Les 15 miles (24,139 km) sont effectués par Labry en 1 h 26 min 53 s ( record : 1 h 25 min 27 s 2/5).

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Les positions sont les suivantes après 1 h ½ de course : Labry 24,936 km Rivez 24,250 km Cibot 23,750 km puis Loupot, Orphée, Siméon, les autres sont plus loin. C’est alors que Louis Orphée abandonne, Rivez rejoint Labry peu avant le 29e km, il prend la tête mais vient buter sur un piquet qui délimite la piste et s’affale sur le sol, il se relève tant bien que mal mais a perdu du temps sur le leader Hector Labry qui passe le 30e km en 1 h 55 min 15 s, Rivez est à 1 tour, Robert et Loupot à 2 tours…

Labry passe aux 20 miles (32,186 km) en 2 h 05 min 38 s (record : 1 h 56 min 37 s 3/5 Henri Saint-Yves).

Rivez est pris de crampes, il rétrograde au classement, alors que Loupot produit son effort et passe en 2e position. Labry est à la peine, au 38e km il perd sa place de leader au profit de Loupot qui franchit le 40e km en 2 h 45 min 47 s 1/5, Robert est alors 2e et remonte sur Loupot mais l’ordre ne se modifie plus jusqu’à l’arrivée.

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Le classement :

2 h 55 min 57 s 2/5 : René Loupot (Cercle Athlétique de Paris)

2 h 57 min 47 s 1/5 : Charles Robert (Cercle des Sports de France)

3 h 00 min 41 s 3/5 : Hector Labry (Cercle des Sports de France)

3 h 02 min 33 s : Eugène Siméon (Rouen Athlétic Club)

3 h 10 min 56 s 2/5 : Georges Dodin (Cercle des Sports de France)

3 h 13 min 53 s 3/5 : Antoine Rivez (BEL) (Cercle des Sports de France, Bruxelles)

puis dans l’ordre : Paul Devienne (CSF), Desiage (CSF), Dargaud (Lyon).

Loupot

Les précédents vainqueurs de ce marathon olympique de Neuilly :

février 1909, 2 h 55 min 20 s : Henri St Yves

décembre 1909, 2 h 49 min 55 s : Louis Orphée

Les meilleures performances sur marathon début 1911 (distance olympique 42,195 km) :

2:32:39 Henri St Yves, le 17 octobre 1909 à Seattle (USA) piste plein air

2:36:18 Louis Bouchard, le 19 mars 1910 à Londres, Agricultural Hall, piste en salle

2:37:23 Henri Siret, le 10 octobre 1908 à Londres, route, (le même parcours que les J.O du mois de juillet 1908 qui avait vu l’américain John Hayes vainqueur en 2:55:18)

L’Auto

La Vie au Grand Air

Thierry Lefeuvre

Une pensée sur “Le marathon olympique 1911

  • 21 août 2017 à 11 h 43 min
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    Une bonne chronique mettant en exergue les meilleurs athlètes qu’a connu le marathon olympique de 1911.

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