Le phénomène Kawauchi sur le Promenade des Anglais

Il est l’un des meilleurs marathoniens du moment au Japon (9e en 2h12′ du marathon des championnats du monde à Londres cet été) mais au-delà de sa valeur athlétique, c’est sa capacité à enchaîner les compétitions  à haut niveau qui fait de cet athlète un extra-terrestre du marathon, un explorateur ou un artiste, personne avant lui ne s’étant jamais aventuré aussi loin dans l’expérience du marathon à ce niveau de performance.  « Je ne serai jamais le plus rapide mais je veux devenir le plus solide » résume-t-il lorsqu’on le questionne sur ses choix. Pour suivre la carrière et l’agenda de Yuki Kawauchi, mieux vaut avoir du souffle…

C’est en 2012, à 25 ans, que Kawauchi crève l’écran, deux marathons à la suite en 2h10′ (Fukuoka et Hofu) séparés par seulement 14 jours. L’année suivante, même série sur les deux mêmes épreuves et cette fois deux chronos de 2h09’05 et 2h09’15. Entre ces deux doublés périlleux, deux autres marathons en 2h08’15 à Beppu (record personnel) puis 2h08’14 à Séoul (re-record personnel) en l’espace de seulement 6 semaines durant lesquelles il aura encore trouvé les ressources pour sortir un semi-marathon en 1h03′ et un 30 km en 1h29′. Pas sûr qu’on ose prendre le cas de cet athlète en exemple dans les écoles d’athlétisme mais, depuis 5 ans, Yuki Kawauchi fait le buzz sur la planète marathon.

Car, à ces chronos de haute tenue, il faut rajouter le fait que Kawauchi est coureur amateur. Souvent blessé à ses débuts, il n’a pas intégré l’une des nombreuses équipes d’Universités et d’entreprises qui soutiennent et emploient les meilleurs athlètes japonais. Yuki, lui, travaille à plein temps, employé de bureau dans une High School de la Préfecture de Saitama, et quand les sollicitations plus nombreuses lui sont tombées dessus, il a choisi de conserver son emploi, ce qui lui a valu le surnom de « Citizen runner » et l’adulation des foules au pays du soleil levant. Atypique jusqu’au bout des orteils, il dit avoir également tourné le dos à des méthodes d’entraînement classiques qui ne lui réussissaient pas. Désormais sans entraîneur, ses volumes d’entraînement restent modestes en semaine mais il les compense par la répétition de compétitions en rafales et à plein régime, presque chaque week-end. Intercalé entre ses marathons, il a ainsi couru 12 semi-marathons entre 1h03′ et 1h06′ depuis le début de l’année.

A raison d’une dizaine de marathons par an (années records 2014 et 2015 avec 13 marathons chacune) dont quelques-uns l’ont conduit, inconscient, sous le masque à oxygène à peine la ligne d’arrivée franchie, on lui comptabilise 73 marathons au compteur (dont 23 en moins de 2h12′ et 51 en moins de 2h15′) depuis ses débuts sur la distance, à 22 ans. Sortant de deux récentes victoires (Oslo le 16/09 en 2h15′ puis 2h13′ au Japon le 01/10), dimanche sur le Marathon des Alpes-Maritimes entre Nice et Cannes, le trublion du marathon disputera son 9ème marathon de l’année et courra pour la première fois en France. Le long de la Méditerrannée, la victoire se jouera face à l’armada africaine et le Samouraï sera seul contre tous, mais on peut être assuré d’au moins une chose : le spectacle est garanti !

Lors de ses déplacements à l’étranger, Kawauchi ne traîne jamais et s’offre peu de temps pour faire du tourisme, mettant un point d’honneur à être de retour à son bureau dès le mardi matin. Et puis dimanche prochain ce sera déjà le suivant, le Marathon de Saitama, cette fois à domicile. Banzaï !

Yuki Kawauchi (Japon), né le 5 mars 1987, 174 cm, 62 kg
1500 m – 3’50 (2012)
5000 m – 13’58 (2012)
10000 m – 29’02 (2010)
Semi-marathon – 1h 02’18 (2012)
30 km – 1h 29’31 (2013)
Marathon – 2h 08’14 (2013)
50 km – 2h 44’07 (2016, record national)

Vainqueur à Stocjholm le 3 juin 2017
6ème à New York en 2015 (2h13’29)
Tout petit déjà...
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