Les 500 km du Grand Sud-Ouest

La Mi Mil’Kil, course à pied de 500 km aura lieu en juin 2017 entre Lignac (36) et Lodève (34), première édition de cette course sur route non-stop.
Il y a 35 ans une course sur route similaire était organisée en France.
En mars 1981, les journaux titraient  ; « une des plus folles courses à pied au monde »  «  une première démentielle  »  «  les limites de l’exploit  »  «  le voyage dans l’inconnu  » . Tous les superlatifs étaient employés pour qualifier les 504 km entre Fleurance et Montpellier, une course à pied inédite pour relier les départements du Gers et de l’Hérault.   Les 500 km du Grand Sud-Ouest  
L’organisation : l’Association Sportive FIMA avait reçu 90 demandes d’inscriptions, mais pour des raisons financières en particulier, 17 noms seront retenus.
Sur ces 17 , seulement 8 concurrents se présenteront sur la ligne de départ.
– Jean-René Devès, Montauban : 16e de Millau-Belvès 1979.
– Paul Faucheux, Amboise : 4e de Millau-Belvès.
– Hubert Pascal, Sartrouville : 13e de Millau-Belvès, 5e des 250 km des Moteurs Baudouin 1980.
– Jean-Claude Pasquier, Sarrebourg : 2e des 250 km des Moteurs Baudouin.
– Ramon Zabalo, St Étienne de Tulmont : 3e des 100 km de Millau 1975, 1er de Millau-Belvès, 1er des 250 km des Moteurs Baudouin.
– Legoupil, Parynzewski, et le Tchèque Cverko qui a parcouru 322 km non-stop en 1976.

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photo Millau-Belvès
Le départ est donné le vendredi 20 mars 1981 à 00h01 min, le délai pour être classé est de 72 heures, mais les coureurs peuvent se reposer dix heures maximum aux deux points de contrôles de Castelnaudary et Narbonne. Ce qui fait 72h + 10h, soit lundi 23 mars 10 heures dernier délai.
Au marathon, Devès et Zabalo passent avec 33 min d’avance sur le 3e et 1 h/1 h 30 sur les autres. Passage au 100e km en 9 heures environ.
Le premier tronçon (197 km) Fleurance-Castelnaudary verra les abandons de Devès (périostite), Legoupil et Cverko. En tête Ramon Zabalo est dans une forme étonnante. Arrivé à 19 heures à Castelnaudary, il s’arrêtera cinq heures et repartira à 11/12 km/h. Ses quatre poursuivants arrivent ensuite ; Faucheux, Pasquier, Pascal et le dernier Parynzewski qui arrive après 24 h 32 min de course.
Le 2e tronçon entre Castelnaudary et Narbonne est long de 187 km. Ramon Zabalo est toujours en tête, il arrive à Narbonne à 0h45 s’arrête 1 h 15 et repart pour Montpellier, il lui reste 120 km avant de toucher eu but. Il souffre comme les autres du manque de sommeil, Pasquier lui a les pieds abîmés.

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Parynzewski aux 100 km de Millau
Dimanche matin, chaleur, orage et vent gênent Zabalo, plus une tendinite et le manque de sommeil. Derrière, Parazinsky et Pascal, de même que Faucheux et Pasquier continuent tant bien que mal.

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photo Millau-Belvès
Montpellier, il est 18h15 ce dimanche 22 mars, Zabalo en termine avec la «  course la plus longue du monde  ». Les deux derniers km à 17 km/h ! assez frais malgré les chevilles enflées « Je n’ai pas l’impression d’avoir établi un record, déclara-t-il au Journal de Montpellier, On attendait un calvaire, certains sont peut-être déçus. Ce fut très dur, le profil surtout, mais donc pas impossible. »
Récompense : une petite coupe et un bouquet de jonquilles.
Le temps de Zabalo : 60 h 15 min pour 504 km, repos déduit (6h00). Le 2e Jean-Claude Pasquier arrive le lundi à 2 heures du matin, Faucheux, Pascal et Parynzewski ont abandonné.

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C’est alors que quelques semaines plus tard la polémique enfle avec une lettre de Ramon Zabalo publiée dans le magazine Courir du mois de juillet 1981.
«  Lors des 500 km du Grand Sud-Ouest, épreuve que j’ai gagnée, je peux affirmer que des concurrents se sont fait transporter en voiture sur plusieurs dizaines de kilomètres, pour l’un d’eux sur plus de 100 km ! J’ai été informé par des contrôleurs de l’organisation de ce qui se passait.
Après son abandon vers le 100e km, Jean-René Devès a fait des pointages et des contrôles et il en sait long.  »
Effectivement dans un autre numéro de Courir, Jean Devès affirme : «  Tout ce qui précéda la course Fleurance-Montpellier fut parfait, bon accueil, joie et bonne humeur. C’est ensuite que cela s’est transformé en foire complète, et cela par la faute de l’organisateur.
Jean-Claude Pasquier arrivé second, s’est vu obligé de monter dans un véhicule de l’organisation sous peine de disqualification ! «  Nous avançons tout le monde lui fut-il dit  ».
Bref, cette course ne laissera pas un grand souvenir dans le milieu des coureurs d’ultra, même si Ramon Zabalo a prouvé qu’il était un des meilleurs coureurs de son époque.
Cette épreuve de 504 km en 1981 était annoncée comme la plus grande distance en course à pied. En réalité en 1903, Pierre Giffard journaliste au  Monde Sportif était à l’origine de Bordeaux-Paris, 600 km, et l’année suivante en 1904, le journal L’Auto, concurrent du Monde Sportif voyait plus grand : Toulouse-Paris, 737 km qui demeurera pendant plus d’un siècle la plus longue course sur route en ligne avant la Mil’Kil de 2008 entre St Malo et Sète, 1000 km.
Sans oublier Paris-Belfort 496 km en 1892, première épreuve longue distance en France, Constant Ramogé avait terminé 1er en 100 h et 05 min, soit un peu plus de 4 jours !
Thierry Lefeuvre

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