Il faut sauver le marathon de Bordeaux

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Samedi 24 mars 2018 avait lieu à Bordeaux la quatrième édition du Marathon et semi Marathon de Bordeaux.

Bordeaux est une grande ville française. Le Marathon du Médoc en vole la vedette, mais depuis 2014, la ville a son marathon, ou plutôt devrait on ne parler que du semi marathon.

Parlons déjà du prix du dossard qui reste considérablement élevé sur les deux distances (45€ pour le semi et 80€ pour le marathon (selon les dates d’inscription)). Et pourtant le nombre participants au total avoisine les 18/20000 personnes. La présence d’Alain Juppé samedi soir (avec une minute de silence en mémoire du colonel décédé lors de la prise d’otage vendredi dernier) renforce la volonté pour la ville d’avoir un évènement sportif outdoor majeur.

Mais parlons nous d’une envie de créer un marathon qui rentrera dans le top 8 des marathons français ou un simple évènement où la masse n’intéresse que les organisateurs ?

C’est la société Ironman France qui gère l’ensemble du projet sportif sous cette entité, mais en réalité c’est le groupe LAGARDERE (un concurrent d’ASO – société évènementielle/pub/commerce/média….).

Un début de réponse commence à arriver … la masse !

Au départ à 20h00 place de la Bourse, sous un crachin (breton), les 18000 concurrents se sont amassés, …, mélangés. C’est à dire que les marathoniens sont avec les semi routards ! Autant dire que ça va être la pagaille les 9 premiers kilo, avant la séparation … Et effectivement, au coup de pistolet, sous le parrainage de Benoit Z (…), tout le monde s’élance entre coureurs du semi et du marathon … Qui court avec qui ? Qui double qui ? Qui pousse qui ? Le parcours est assez large pendant 5 km puis en revenant dans le centre ville, c’est la masse qui se rétrécie sur une seule file …

Vient le temps de la séparation qui soulage les marathoniens … Enfin …

Mais le parcours du marathon de Bordeaux c’est quoi ?

D’interminables rues vous emmenant vers Pessac, sans intérêt, avec quand même du public de temps à autre, des groupes de musiques tous les 4/5 km,  avec de quoi longer une rocade pendant quelques kilomètres puis un château allumé au milieu des dernières vignes restantes dans la ville, là où sont présents 2 photographes, puis retour vers Bordeaux grâce à des boulevards longs. Vent et pluie se sont mêlés à la fête (en mars tout est normal !). Il reste vers le km 31, le retour vers le centre ville où un énorme public vous attend, mais aussi des rues qui ont été tirées au sort pour le parcours et qui vous emmènent nul part, sans public, et sans intérêt. Reste donc les 2 derniers kilomètres où vous sentez après 389 virages et des rues droites de 800m que la fin approche ! Mais quelle heure est il madame Sardine ? Il est bien tard … et pour ceux qui font entre 4h30 et 6h sur marathon, il est l’heure d’aller en boîte de nuit ….

Pour les futurs motivés, pensez à connaître la manière d’allumer vos montres pour visualiser votre rythme car un marathon de nuit, on ne voit rien sur les cardios du premier coup d’oeil !

Concernant les élites, pas de primes (et ça se respecte), et des protocoles express le soir mais aussi le dimanche matin 11h non loin de l’arrivée dans un tivoli esseulé, sans scène, où tout le monde est tassé. C’est extrêmement surprenant pour Bordeaux et sa métropole ! C’est bâclé !

Alors pour conclure, si l’organisation ne change pas quelques éléments, le marathon de Bordeaux du mois de mars va rester un évènement minime, laissant plus de place au semi marathon qui attire un nombre incalculable de bordelaise et de bordelais. Et c’est déjà peut être ce qui se passe. En ne prenant pas soin des marathoniens, l’épreuve va encore chuter en nombre de participants et passer sous la barre des 2000 finishers en 2019. Et c’est bien parti pour ! C’est bien joli de vouloir à tout prix faire un marathon pour une ville, mais il faut y mettre les moyens, être motivé, donner une âme à cette épreuve !

Au fait, mais cela fera l’objet d’un autre article … samedi soir, sur ce marathon, 2100 finishers, et seulement 31 sous la barre des 3H ….

Franchement, la course sur route en France, ce n’est plus ce que c’était !

Tous les résultats ici

Scratch marathon Bordeaux 2018

Hommes

1 – Vivien Laporte – 2h32’
2 – Christophe Noclain-Argouet – 2h38’51
3 – Sebastien Isnard – 2h42’46

Femmes
1 – Rebeca Ruiz – 2h58’19
2 – Blandine L’hirondel – 2h59’43
3 – Maria Carmen – 3h15’17

Côté parcours

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Une pensée sur “Il faut sauver le marathon de Bordeaux

  • 29 avril 2018 à 23 h 51 min
    Permalink

    Bonjour ,

    Bravo pour cet article. Cela reflète parfaitement ce qu’est devenu la course à pied en France..

    Je n’en pensait pas moins avant de lire cet article. Ces sociétés événementielles qui ont tués la course sur route et se sont engouffrés dans le filon du business des courses sur route à masse. Cela et devenu sans âme et sans intérêt, à part la masse ! Aucune performance notoire à se mettre sous la dent en tête de course.
    Je ne critique pas les vainqueurs mais trouve bien dommage de ne pas avoir d’internationaux pour vraiment parler de chrono.

    J’ai bien connu l’essor des courses sur route dans les années 90 ou cela étaient organisés par des associations de bénévole et qui surtout avait une autre vision de l’athlétisme. L’argent rentrait dans les caisses et en ressortait pour en faire profiter tout à chacun. Élites, Coureurs amateurs, scolaires, sans avoir a débourser des sommes faramineuses pour se présenter au départ d’une compétition. Sans parler des bénévoles qui étaient conviés à une soirée après course pour les remercier.

    Prenons l’exemple de la corrida d’Heillecourt ou les 100 premiers repartais avec une paire de running et les Élites qui étaient invités pour faire le spectacle comme Paul Tergat et bien d’autres grands champion …. Vous aviez le dossard gratuit C’était magnifique.

    Si l’on compare hier et aujourd’hui, qu’à t’on de plus ? Pas plus qu’il y a quelques années.

    N’oublions pas de signaler que la FFA en a fait de même en s’appropriant des marathons (Toulouse….).
    A force de banaliser à coup de MASSE, voila ou on en est arrivé. Aucun discernement, de la part de ces sociétés qui ne savent pas ce qu’est organisé et de rassembler Élites, Scolaires et Coureurs amateurs.
    La masse il en faut mais dans un certaine limite.

    Il y a 20 ans, il y avait moins de coureurs et les dossards étaient presque donnés et les coureurs s’éclater tout autant.

    Aujourd’hui c’est le contraire avec plus de coureurs au départ et un prix du dossard exorbitant.
    Chercher l’erreur !

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