Tokyo et San Francisco à la nage

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L’homme qui va traverser le Pacifique à la nage

Entre Tokyo et San Francisco, Ben Lecomte veut mettre son endurance au service de la planète.

En 1998, Ben Lecomte était déjà le premier homme à avoir traversé l’Atlantique à nage sans assistance de flotteur. Aujourd’hui, le Français s’attaque à un défi d’un autre niveau : il veut parcourir les 8000km séparant Tokyo et San Francisco, de juillet et décembre, à un rythme de 8 heures de nage quotidienne. Soit près de 8 900 km à travers l’océan Pacifique, à raison de huit heures de nage par jour pendant six mois !

Comment va t il s’y prendre ?
 Un bateau me suivra tout au long de la traversée. Je devrais nager environ 8 heures par jour et le reste du temps sera consacré au sommeil et à l’alimentation à bord du bateau. Nous avons choisi Tokyo et San Francisco à cause des courants, celui de Kuroshio puis celui du Pacifique Nord, qui devraient me porter du Japon vers les États-Unis. J’aurais aussi une équipe de routeurs sur le continent qui analysera les images satellites et me dira exactement où se trouvent les courants, la météo que nous aurons et d’autres infos utiles. Donc je ne nagerais pas tout seul dans l’océan, mais je serais bien entouré par l’ensemble de l’équipe.

Lors de sa traversée de l’Atlantique, Benoît Lecomte avait été suivi pendant cinq jours par un requin de 8 m de long. Cette fois, il sera équipé d’un bracelet produisant un champ magnétique censé tenir à distance les dents de la mer.

Sur le bateau, des chercheurs analyseront si ses efforts physiques intenses et répétés affectent ou non l’état de son cœur. D’autres se pencheront sur l’aspect psychologique de l’exploit : est-ce que nager six mois consécutifs a un impact sur nos émotions ? Le nageur de l’extrême servira enfin de cobaye aux scientifiques qui s’intéressent aux effets de l’accident nucléaire de Fukushima. Grâce à un boîtier collecteur d’atomes de césium installé au niveau de sa cheville, Benoît Lecomte mesurera le niveau de radioactivité ambiant tout au long de son parcours.

« Des mesures ont été faites après la catastrophe le long des côtes japonaises et américaines, mais jamais d’un bout à l’autre de l’océan, explique l’aventurier. Grâce à ce bracelet, nous allons ainsi pouvoir mesurer s’il y a des concentrations de radioactivité au cœur du Pacifique. »

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Ton bateau est un peu spécial…
Oui, c’est un navire des années 40, de 24m de long. Il est en bois et était initialement utilisé pour la pêche et a été depuis réaménagé. Il représente bien ce qu’on défend : recycler pour utiliser les choses de façon intelligente.

Quelles sont les raisons qui te poussent à relever un tel challenge ?
Je nage dans des rivières, des lacs, des mers depuis que je suis tout jeune. Ma première nage significative a été faite pour collecter des fonds pour la recherche contre le cancer, puisque mon père en est mort. Quand il souffrait de ça, j’ai réalisé que je ne devais jamais regretter de ne pas avoir suivi mes rêves. En somme, voir mon père souffrir m’a mis un coup de pied aux fesses pour aller au-delà de mes limites et rendre mes rêves réalité.

À quoi ressemble une semaine d’entraînement chez toi ?
Je m’entraîne trois à cinq heures par jour, cinq à six jours par semaine. Ça dépend si je dois faire de la route et aussi de mon emploi du temps.

Mais pour ce genre de choses, ce qui est plus important que la condition physique, c’est la condition mentale. Quand je nage, si on prend en compte la vitesse, je ne suis pas comme quelqu’un qui cours mais plus comme quelqu’un qui marche vite. Mais la difficulté est de répéter ça pendant des heures, des jours et des mois. Quand vous regardez les performances d’endurance, vous vous rendez compte que ce sont des gens âgés de 40 ou même 50 ans qui les ont faites. C’est parce que quand vous vieillissez, vous perdez vos capacités de puissance, de vitesse, mais pas l’endurance. Et d’un point de vue psychologique ou mental, vous êtes même plus forts. Regardez Pat Farmer : il a couru pendant 11 mois du Pôle Nord au Pôle Sud, en faisant l’équivalent de deux marathons par jours, à l’âge de 49 ans. Tout est dans la force mentale.

Quel est ton objectif dans ce défi ?
Aujourd’hui, je suis papa. J’ai deux enfants et leur avenir est important pour moi. J’essaye d’utiliser ma passion pour faire comprendre aux gens à quel point il est important de changer nos habitudes quotidiennes pour sauver notre environnement et notre planète.

Donc tu nages pour sauver la planète ?
Nager n’est pas le but en soi. Le mec qui va nager entre Tokyo et San Francisco ne doit pas être au centre de l’attention. Mon but est d’interpeller le maximum de personnes sur l’impact négatif que nous avons sur nos océans.

Comment pourrons-nous te suivre dans ton aventure ?
Il y aura un live stream qui sera mis en place et nous pourrons communiquer et interagir depuis le bateau sur ce qu’il se passe avec les gens qui nous suivent. Pas qu’avec ceux qui seront sur le bateau d’ailleurs, mais avec les experts de plusieurs continents qui prendront part à la discussion.

Apportez votre soutien au voyage de Ben sur www.thelongestswim.com

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