Yann Stéphan (Finistère) … j’ai réalisé mon rêve d’ado, je suis spartathlète

26-cleder-2015 22-guerledan-2015 9-belves-2013

Yann Stéphan, Quimpérois, se spécialise dans l’ultra…

Yann se définit comme un coureur ordinaire de 39 ans, et pourtant il vient de réaliser son rêve, le spartathlon. Retour avec Yann sur son aventure ….

J’y ai goûté un peu par hasard  à mes 16  alors que je n’étais pas sportif. Des voisins qui me disent : « tu viens faire un footing avec nous ? ». J’en ai fais 2 à 3 et me voilà au 17,4 kilomètres de Plovan où j’explose au bout de 12 bornes. A 5 km de l’arrivée, je vais être pris en main par Marie-Louise et Georges Couillau des vétérans super « papys », que j’aurais plaisir à retrouver sur les courses ( semi marathon de Bénodet, 10 kilomètres de géant de Brest en 42 min 30, ma course coup de coeur la Montée du Menez-Hom, Menfouest …). Ensuite des douleurs aux genoux m’ont fait arrêter la course.

Le Spartathlon je l’avais dans un coin de la tête depuis ado suite à la lecture d’un article. Je me suis dit que je la ferais bien un jour…

Alors je me suis mis au karaté Goju-Ryu au sein du karaté club de Quimper. De temps en temps j’allais courir 2/3 fois puis j’arrêtais.

En 2009 je me relance dans la course à pied car je dois arrêter le karaté à cause de mon travail. Je fais un premier marathon par défi au bout de 2 mois et demi de reprise, je fais mon premier chrono en 3h45. Ensuite sans préparation spécifique j’ai amélioré par 5 fois mon record. Et vite je me suis dit que le marathon sans le chrono cela n’avait pas d’intérêt…

A présent je ne les compte même plus et je comptabilise les courses au-delà des 42 kilomètres, là j’en suis à 36 courses à plus de 50 kilomètres…

En 2013 je tente le 100 km de Millau, et la Gérard Denis (plus de 200km) où je me blesse. Je vais donc passer par la case semelles orthopédiques !

C’est un concarnois, Fred bertrand qui m’a appris à m’entrainer sur le long et préparer pour le spartathlon 2016.

Du coup deux 24h en 2015 avec la no finish line où je dépasse les 200 bornes sur tendinites et en étant arrivé à 4h30 en covoiturage pour un départ à 10h00. C’est cette année là que je fais les 177 km de l’ultra marin, les 24H de Ploeren avec un titre de champion de Bretagne de 24h à la clé. Au départ je voulais juste faire 216 kilomètres pour me qualifier au spartathlon. Au final, je réalise 221,5 km. J’étais content car je rentrais dans la cour des Christian Efflam coutumier des 200 kilomètres.

Après ploeren fin 2015 la grosse fatigue. J’avais avancé au mental à cause d’une douleur sous le pied ; 2 arrêts kiné …1h sans courir au total. Aurais je pu espérer les 230 km ?

 

En 2016, l’année démarre assez mal malgré mon objectif du spartathlon. J’ai de mauvaises sensations… mi juin je ne cours plus j’appelle Fred Bertrand qui croyait toujours en mon potentiel. Il s’en suit une préparation sympa avec la sortie longue du week end et un bloc…

Puis la Grèce arrive. Marc de Run and Swim m’a aidé via un financement participatif pour que je puisse y aller. C’était la première fois que je prenais l’avion. Là je suis comme un poisson dans l’eau parmi ces coureurs du monde entier.

La course démarre donc, ou plutôt l’aventure : ampoule avant le km 80, crampe au km 100, perdu la nuit avec des chiens errant qui me grognent dessus, du rab dans la montagne où j’ai fais un tout droit là où il fallait tourner, ma main qui gonfle car j’y ai apposé ma frontale autour, quelquefois où je vomis de l’eau en buvant trop et où je repars aussitôt… puis je termine en marchant là je sur sollicite ma jambe droite et mon quadri droit et alors explosé.

Je me souviens encore de la descente de Sparthe où j’aurais tant aimé courir

Puis le cagnard où j’en suis réduit à regarder si il n’y a pas de l’eau dans les bouteilles qui jonchent les rebords de route… combien de temps ai je marché?

Mes partenaires de jeu que j’ai croisé le plus ont fini 36 et 37 ème. Moi je me souviens m’arrêter 20 à 30 minutes sur les 3 derniers ravitos en essayant même de faire une sieste dans une voiture ( bien sûr le soleil cognait..). Au dernier ravitos je demande à un gamin de me suivre en vélo au cas où ( on m’a parlé d’Albert Vallée qui s’était endormie 3h et c’est ma référence Katell Corne qui l’avait réveillé…).

Je marche et soudain je vois la rue où se trouve la statue de Leonidas. J’applaudis tous les spectateurs qui me le rendent… et la statue de Leonidas.

Je montre mon porte clef où il y a marqué « Pascal le Nagard Spartathlon »

Voilà il y a deux ans  je lui achète un porte clef qu’il vend pour y aller et qui me suis sur mes entrainements et cette année je la fais…

Je veux pleurer mais je ne peux pas je suis sec. J’aurais même du mal à parler pendant une semaine… L’hopital où on me donne une poche de glucose ( moins de 10 de tension). La place , le chrono tout cela je m’en fiche, je suis spartathlète, j’ai réalisé mon rêve d’ado…

Maintenant une fois c’était peut-être un coup de chance ? Donc j’y retourne en 2017, on verra bien…

Déjà revoir Virginie Oliveri (Team Salomon en Italie et moi qui lui demande au milieu de la nuit si c’est une bonne coureuse), Mizuki Aotani 230 kilomètres sur 24h  en décembre de cette année dont j’avais repéré la foulée régulière dès le départ etc… sans compter Mr gilles Pallaruelo il faut en vouloir pour se cogner chaque année ce parcours.

34-spartathlon-2016-progres-de-cornouaille

En conclusion Yann sur ton aventure Spartathlon ?

Le soir à Sparthes je me suis couché en pensant est-ce que cela vaut le coup de le faire chaque année ? Au réveil, je me suis levé en me demandant est-ce que je peux m’améliorer?

Voilà je commence à devenir un coureur d’ultra… J’ai l’âme de ces gladiateurs qui savent qu’ils vont ramasser mais quand cela passe, elle est belle la victoire sur soi-même ….

Là j’ai l’endurance, je vais retravailler mon second Spartathlon avec Xavier Trémaudan. Dans les prochains mois on va essayer de gonfler le moteur …

En attendant pour vivre à nouveau des émotions magiques que je ne trouve que sur l’ultra, j’espère que mon corps voudra me porter loin…

L’ultra c’est une bonne école de la vie, tu ne cherches ni la douleur ni la difficulté
mais quand elle se présente tu dois composer avec et avancer encore en attendant une fin heureuse…
Je reprendrais une phrase de Djamel Bahli,  le premier homme à avoir fait le tour du monde en courant, « on n’est plus fort qu’on ne le pense »

Bonne sortie à toutes et à tous …

Yann

29822985774_15035bafbb_k

24-paris-2015

14-100-km-millau-2013 13-100-km-millau-2013 22426_10204244502014835_5103726220573903407_n

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *